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Description
Le Mûrier noir (ou Morus nigra) est bien plus qu'un simple arbre fruitier ; c'est un véritable monument historique et gustatif au jardin. Contrairement au mûrier blanc (Morus alba), souvent planté pour l'élevage des vers à soie ou comme arbre d'alignement à croissance rapide, le mûrier noir est vénéré par les connaisseurs pour la qualité exceptionnelle de ses fruits. C'est un arbre de caractère, souvent qualifié de "patriarche" en raison de sa croissance lente et de sa silhouette qui devient pittoresque et tortueuse avec l'âge.
Son intérêt principal réside incontestablement dans ses fruits, les mûres, qui offrent un équilibre parfait et rare entre sucre et acidité, une saveur riche que les mûres de ronce ou les fruits du mûrier blanc ne parviennent pas à égaler. Au-delà de la récolte, c'est un arbre ornemental de premier ordre pour les jardins de taille moyenne à grande. Son feuillage dense et sombre procure une ombre épaisse et bienfaisante en été, créant un microclimat frais très apprécié. En permaculture ou en jardin fruitier, il est un choix durable, capable de vivre plusieurs siècles, résistant bien aux maladies et demandant peu d'intrants une fois installé. Planter un Morus nigra, c'est faire le choix de l'authenticité et de la patience pour une récompense gustative inégalée.
Cette espèce est originaire des régions montagneuses et tempérées de l'Asie de l'Ouest, plus précisément de l'Iran, de l'Arménie et du Caucase. Il a été introduit en Europe dès l'Antiquité, bien avant le mûrier blanc, apprécié par les Grecs et les Romains pour ses fruits délicieux.
Il appartient à la famille des Moraceae, une famille qui inclut également les figuiers (Ficus). C'est une famille caractérisée par la présence de latex dans les tissus et souvent par des fruits composés charnus.
Historiquement, le Morus nigra a souvent été confondu dans les textes anciens avec la ronce commune à cause de la ressemblance des fruits. Il possède une ploïdie très élevée (nombre de chromosomes), ce qui le rend génétiquement très stable : contrairement à d'autres fruitiers, il existe très peu de variétés distinctes, l'espèce type constituant en elle-même le cultivar de référence pour la qualité du fruit.
C'est un arbre à développement modéré mais constant. À pleine maturité, souvent après plusieurs décennies, il peut atteindre 10 à 12 mètres de hauteur. Cependant, en culture jardinée et surtout s'il est greffé, on le maintient généralement entre 4 et 6 mètres pour faciliter la récolte.
Le mûrier noir a tendance à s'étaler davantage qu'il ne monte. Son envergure est impressionnante et peut souvent égaler, voire dépasser, sa hauteur. Comptez une largeur de 6 à 10 mètres pour un sujet très âgé non taillé, formant un véritable parasol naturel.
Son port est naturellement étalé, trapu et arrondi. Avec le temps, les charpentières deviennent massives et tourmentées, donnant à l'arbre une allure sculpturale, presque architecturale, avec une cime large et dôme aplati très caractéristique des vieux sujets.
L'écorce est un atout esthétique en hiver. De couleur brun-orangé à grisâtre, elle devient rugueuse, crevassée et noueuse avec l'âge. Elle présente souvent des bourrelets et des fissures profondes qui témoignent de la croissance lente et de la robustesse du tronc.
Les feuilles sont caduques, alternes et cordiformes (en forme de cœur). Elles se distinguent de celles du mûrier blanc par leur texture : elles sont épaisses, rugueuses au toucher (pubescentes) sur le dessus et d'un vert très foncé et profond. Elles jaunissent tardivement à l'automne avant de tomber.
La croissance du Morus nigra est réputée lente, surtout dans ses premières années, ce qui contraste fortement avec la vigueur juvénile explosive du mûrier blanc. Il prend son temps pour installer sa charpente, ce qui explique la dureté et la qualité de son bois.
C'est un arbre très rustique une fois bien implanté. Il supporte des températures descendant jusqu'à -20°C en sol drainé. Cependant, les jeunes sujets peuvent être un peu plus sensibles aux gels tardifs printaniers et gagnent à être protégés les deux premiers hivers.
La floraison est tardive, apparaissant généralement en mai ou juin. Cette tardiveté est un atout majeur car elle permet aux fleurs d'échapper à la plupart des gelées printanières, garantissant ainsi une fructification régulière même dans les régions situées au nord de la Loire.
Les fleurs sont discrètes, vert pâle à jaunâtres, et réunies en petits chatons pendants (pour les mâles) ou ovoïdes (pour les femelles). L'arbre est généralement monoïque (fleurs mâles et femelles sur le même arbre) et autofertile, ne nécessitant pas de compagnon pour fructifier.
Le fruit est une fausse baie composée de petites drupes agglomérées, ressemblant à une grosse mûre de ronce oblongue. D'abord verte, puis rouge, elle devient noir ébène à maturité en été (juillet-septembre). Le goût est exceptionnel : très juteux, avec un équilibre parfait entre douceur sucrée et acidité rafraîchissante. Le pollinisateur principal est le vent.
Bien que les fleurs soient peu visitées par les abeilles (pollinisation anémophile), l'arbre est un aimant à biodiversité grâce à ses fruits. Les oiseaux (merles, grives, étourneaux) en raffolent. C'est un excellent moyen d'attirer et de nourrir la faune locale en fin d'été.
Le Morus nigra exige une situation ensoleillée et chaude. Il a besoin de chaleur pour mûrir ses fruits et développer ses arômes. Une exposition sud ou ouest, à l'abri des vents froids dominants qui pourraient casser ses branches cassantes, est parfaite.
Il apprécie les sols profonds, meubles et bien drainés. Il redoute par-dessus tout les sols gorgés d'eau en hiver (asphyxie racinaire). Il tolère bien le calcaire et les sols secs une fois établi, mais préfère une terre limoneuse, riche et humifère pour une production fruitière optimale.
Travaillez la terre en profondeur sur un volume représentant au moins trois fois celui du pot. Décompactez bien le fond du trou (à la fourche-bêche) pour faciliter l'enracinement vertical. Incorporez une bonne quantité de compost mûr ou de fumier bien décomposé à la terre extraite.
Compte tenu de son étalement futur, prévoyez un espacement généreux. Laissez 6 à 8 mètres de distance entre deux arbres ou par rapport à une construction. Si l'espace est limité, la taille devra être rigoureuse pour contenir sa couronne.
Le sol doit être idéalement neutre à légèrement alcalin, bien que l'arbre tolère une légère acidité. Il doit être surtout filtrant (caillouteux ou sableux est acceptable si enrichi) et non argileux-compact (lourd) pour éviter la pourriture des racines.
Pour nos plants en pot, la plantation est possible toute l'année hors gel et sécheresse. Immergez la motte dans l'eau jusqu'à saturation. Placez la motte dans le trou de sorte que le collet soit bien au-dessus du sol. Comblez avec le mélange terre-terreau, tassez modérément au pied et formez une cuvette d'arrosage.
Immédiatement après la plantation, un arrosage copieux (20 à 30 litres) est indispensable pour chasser les poches d'air, même s'il pleut. Durant la première année, arrosez régulièrement (une fois par semaine en été), surtout si le plant est installé au printemps ou en été.
Une fois son système racinaire puissant établi (après 2-3 ans), le mûrier noir est très résistant à la sécheresse estivale. Il ne nécessite plus d'arrosage, sauf en cas de canicule exceptionnelle prolongée où un apport d'eau soutiendra le grossissement des fruits et évitera leur chute prématurée.
La taille s'effectue impérativement en fin d'hiver (février), avant la montée de sève, car le mûrier "saigne" abondamment si on le taille trop tard. Privilégiez une taille douce : supprimez le bois mort, les branches qui se croisent au centre pour aérer la couronne ("lumière au centre"), et raccourcissez les rameaux trop longs.
Le Morus nigra se multiplie difficilement par semis (croissance très lente, fidélité incertaine). La méthode la plus courante et fiable est le bouturage à bois sec en hiver ou le marcottage. Les professionnels privilégient le greffage pour les cultivars intéressants comme 'Wellington' ou 'Mulle' (souvent sur Morus alba pour la vigueur) en écusson ou en fente au printemps, ce qui assure une mise à fruit plus rapide.
Installez-le en isolé sur une pelouse pour mettre en valeur son architecture, ou au fond d'un verger. Attention : ne le plantez jamais au-dessus d'une terrasse, d'une allée dallée ou d'un parking. Les fruits mûrs tombent, s'écrasent et tachent fortement et durablement les revêtements de sol. Un emplacement sur terre battue ou herbe est idéal.
Au pied de l'arbre, vous pouvez planter des bulbes de printemps (narcisses, jonquilles) qui fleuriront avant l'apparition des feuilles. La Consoude (Symphytum officinale) est une excellente compagne : elle couvre le sol, limite les adventices et, une fois fauchée, sert de paillage riche en potasse bénéfique à la fructification.
Depuis des siècles, le mûrier noir est cultivé pour ses fruits transformés en sirops, confitures, gelées, vins et liqueurs. Le sirop de mûre est un remède traditionnel contre les maux de gorge et les inflammations buccales. Son bois dur et dense était utilisé en ébénisterie et pour la fabrication de tonneaux, donnant une couleur jaune au bois au vieillissement.
Le mûrier noir est un arbre remarquablement sain et robuste. Il est peu sensible aux parasites. Il peut parfois être affecté par la bactériose (taches noires sur feuilles et rameaux) en climat très humide, ou par la cochenille (rarement grave). Ses racines craignent l'armillaire si le sol est trop humide.
La meilleure prévention est prophylactique : ramassez les feuilles mortes et les fruits pourris au sol en hiver pour éviter la conservation des pathogènes. En cas d'attaque bactérienne, un traitement à la bouillie bordelaise à la chute des feuilles et au débourrement printanier est efficace. Favorisez l'aération de la ramure par la taille.
Soyez patients ! Le mûrier noir met quelques années à s'installer avant de croître et fructifier abondamment. Ne le sur-fertilisez pas en azote, cela favoriserait le feuillage au détriment des fruits et le fragiliserait face au gel. Un apport annuel de compost ou de cendres de bois (potasse) à l'automne suffit amplement à son bonheur.
Dans le commerce, le terme "Mûrier noir" désigne spécifiquement l'espèce botanique Morus nigra. C'est en soi une sélection naturelle ancienne qui se distingue radicalement des "mûriers à fruits noirs" qui sont souvent en réalité des variétés de Morus alba (Mûrier blanc). La spécificité du vrai Mûrier noir est génétique (308 chromosomes contre 28 pour le blanc). Cela se traduit concrètement par :
Le goût : Le Morus nigra possède une acidité complexe qui donne du "corps" au fruit, là où le Morus alba est platement sucré.
La texture : Le fruit du nigra est plus fragile, plus juteux et sa peau est quasi inexistante.
La feuille : Elle est rugueuse et velue en dessous, contrairement à celle du alba qui est lisse et glabre.
La croissance : Beaucoup plus lente et trapue que les autres espèces.
Le Mûrier noir (Morus nigra) est un trésor pour le jardinier patient et gourmand. Son principal atout est gastronomique : il produit les mûres les plus savoureuses du genre, alliant sucre et acidité dans un fruit juteux rappelant les fruits sauvages. Écologiquement, c'est un arbre précieux qui nourrit les oiseaux et offre, grâce à son large feuillage sombre, un îlot de fraîcheur dense en été. Sa silhouette tortueuse et son écorce âgée lui confèrent une esthétique de "vieil arbre" très décorative, apportant une âme instantanée au jardin. Rustique, peu exigeant en soins et très sain, il ne demande qu'un emplacement ensoleillé loin des terrasses pour ne pas les tacher. C'est l'arbre de l'héritage par excellence.
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